Facteurs de risque du cancer des os

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Les facteurs de risque du cancer des os permettent parfois d'apporter plus d'explication à l'apparition de la maladie que les causes, souvent méconnues ou peu évidentes.

Facteurs de risque du cancer des os : les irradiations

Les irradiations sont susceptibles de favoriser la survenue d'un cancer des os. En effet, on a pu constater que cette maladie a une légère tendance à apparaître dans les 5 à 20 années qui suivent l'exposition à des sources de radiations telles que :

  • le radium :
  • celles auxquelles sont soumises les personnes qui travaillent dans des installations nucléaires ;
  • une radiothérapie notamment :
    • Si les doses ont été importantes et administrées à un jeune âge.
    • Si le corps tout entier à été irradié (avant une greffe de cellules souches le plus souvent).

Par ailleurs, les personnes qui, au cours de l'enfance, ont subi une chimiothérapie à base d'agent alkylant (Temozolomide, par exemple), présentent elles aussi plus de risques d'être victimes d'un cancer des os.

Bon à savoir : un ostéosarcome a plus de chances d'apparaître dans la région qui a déjà été traitée (on parle alors de sarcome en zone irradiée) ; néanmoins, moins de 0,1 % des personnes traitées par radiothérapie développent ensuite un sarcome.

Le cas des pathologies osseuses

Certaines pathologies osseuses constituent également un facteur de risque du cancer des os :

  • La maladie de Paget, historiquement la seconde pathologie métabolique osseuse derrière l’ostéoporose, qui tend cependant à se raréfier (et dans le même temps, la sévérité des cas serait également moins importante aujourd’hui). En 2018, elle ne concerne plus que 0,1 à 0,2 % de la population française. Le risque de cancer des os (ostéosarcome surtout) reste quant à lui de moins de 1 %. Cette maladie se caractérise par un remodelage osseux anormal :
    • Ainsi, au lieu de se remanier de façon organisée comme c'est normalement le cas, le tissu osseux va se détruire et se reconstruire de manière anarchique et désordonnée, notamment au niveau du crâne, du bassin, des vertèbres, des fémurs et des tibias.
    • Cela se traduit notamment par :
      • une déformation,
      • un épaississement,
      • une augmentation de volume des os,
      • des risques de fractures augmentés en raison d'une fragilisation osseuse,
      • des douleurs osseuses.
  • La dysplasie fibreuse des os est une pathologie congénitale osseuse rare dans laquelle l'os normal est remplacé par un tissu fibreux :
    • Les lésions apparaissent au cours de l'enfance.
    • Tous les os peuvent être affectés, mais ce sont les côtes, le fémur et le crâne qui sont les plus touchés.
  • La maladie des os de verre (ostéogénèse imparfaite ou ostéoporose génétique) est une maladie congénitale rarissime (1 cas sur 15 000 naissances) dans laquelle les os sont extrêmement fragiles :
    • Elle est due à une anomalie de la production de collagène au niveau de la trame osseuse.
    • Elle se traduit par de multiples fractures spontanées.
  • Les tumeurs osseuses non cancéreuses, telles que l'ostéochondrome ou le chondrome qui se développent au niveau du cartilage osseux, favorisent également la survenue des chondrosarcomes.

Facteurs de risque du cancer des os : les maladies génétiques

Plusieurs maladies génétiques peuvent favoriser la survenue d'un cancer des os :

  • Le rétinoblastome est fréquemment rapporté comme étant un cancer susceptible de favoriser un cancer des os :
    • Ce cancer de l’œil, qui reste rare, est généralement héréditaire.
    • Lorsqu'il se manifeste au cours de l'enfance (et a fortiori s'il est traité par radiothérapie) il augmente non seulement les risques de cancers des os, mais aussi ceux de cancer du sein et de cancer du poumon.
  • Le syndrome de Li-Fraumeni pathologie génétique rare (un cas sur 142 000 personnes), apparaît chez 50 % des personnes porteuses d'une mutation du gène P-53 et peut constituer un facteur de risque d'ostéosarcome notamment, mais aussi de :
  • Le syndrome de Bloom favorise également la survenue d'un cancer des os. Il se caractérise par :
    • un nanisme ;
    • une éruption cutanée ;
    • une immunodéficience.
  • Les personnes atteintes du syndrome de Rothmund-Thomson de type 2 (RTS2) sont plus particulièrement susceptibles de développer un ostéosarcome avant l'âge de 40 ans. Très rare, le RTS2 est dû à un mutation du gène RECQL4 et se caractérise par :
    • une poïkilodermie (affection cutanée associant une atrophie de l'épiderme, une modification de la couleur de la peau et une dilatation des vaisseaux cutanés) ;
    • des anomalies osseuses congénitales (bosses frontales, nez concave, etc.).
  • Le syndrome de Werner, lui aussi très rare, entraîne habituellement l'apparition de cancer des os (ostéosarcome) entre 35 et 60 ans ainsi que des cancers de la thyroïde et des leucémies. Il se traduit par un vieillissement accéléré et prématuré après la puberté (en raison d'une mutation du gène WRN localisé sur le chromosome 8p12).

Autres hypothèses

D'autres facteurs de risques du cancer des os peuvent être évoqués bien que leur participation dans l'apparition de tumeurs osseuses n'a pas été avérée :

  • présence d'implants métalliques utilisés pour réparer des fractures ;
  • antécédents de fractures osseuses ;
  • exposition à des produits chimiques.

Facteurs de risque du cancer des os chez l'enfant

Lorsque le cancer des os fait son apparition chez les enfants, d'autres facteurs de risque peuvent être en cause :

  • Toutes les maladies génétiques évoquées précédemment peuvent constituer des facteurs de risques spécifiques aux enfants dans la mesure où elles font leur apparition au cours des premières années de la vie.
  • La poussée de croissance de l'adolescence peut constituer un moment à risque. Plus en détail, on constate que l'ostéosarcome (le cancer le plus présent chez les enfants) affecte davantage les garçons de cette tranche d'âge et principalement ceux d'origine africaine.
  • Enfin, la présence de fluorure dans l'eau potable pourrait constituer un facteur de risque d'ostéosarcome chez l'enfant. On n'a néanmoins aucune certitude à ce sujet.

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